Les explorateurs belges

  • octobre 2016
  • 17X24
  • Cartonné
  • 400 pages
  • ISBN : 9782804702755
  • 35.00 €

Son navire battu par les vents du Grand Sud, Jacob le Maire découvrait le passage du cap Horn, il y a 400 ans. Qui s’en souvient aujourd’hui ?

De Guillaume de Rubrouck, missionnaire aux confins de la Mongolie au XIIIe siècle, à Adrien de Gerlache, pionnier de l’exploration polaire au tournant du XXe siècle, en passant par Albert d’Orville, premier visiteur européen de Lhassa et Katmandou, ou Paul Splingaerd, le « mandarin des steppes », ce livre dresse, pour la première fois, le portrait de quelque quarante explorateurs belges, dont le dénominateur commun est cette aspiration ardente à aller « plus oultre ».

Tout au long de ce voyage à travers le temps et l’espace, on perçoit, en creux, le destin de notre pays : ses périodes d’échanges privilégiés avec telle ou telle partie du monde, le bal des allégeances politiques, les mutations sociales, etc. – tous ces aléas qui ont fait de la Belgique une terre de brassage culturel et d’ouverture sur le grand large.

Richement illustré de peintures, gravures, photographies et autres cartes, cet ouvrage ravira les amateurs d’histoire, de voyages et d’aventures, qui apprécieront le rôle important – mais méconnu – qu’a joué la Belgique dans la découverte du monde. Privilégiant l’humain sur le politique, il fait revivre ces personnalités hautes en couleur en laissant une large place aux extraits de leurs journaux de bord, lettres et mémoires.

On en parle

« Une incitation au voyage. »
(Angélique Tasiaux, Dimanche, 18 décembre 2016)

« À mettre sous le sapin ! [...] Cette galerie de portraits, abondamment illustrée, est une invitation à prendre le large, à embarquer aux côtés de ces navigateurs intrépides pour partager leur saut dans l’inconnu. »
(Pierre Havaux, Le Vif/L’Express, 16 décembre 2016)

« Récits, chroniques, illustrations donnent du corps à un beau livre destiné aux amateurs d’histoire mais aussi d’aventures. »
(Marie-Françoise Gihousse, L’Avenir, 10 décembre 2016)
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« Dans cette galerie de portraits, Alban van der Straten ne se contente pas de dresser la biographie de personnes exceptionnels qui ont vécu là où beaucoup d’aventuriers sont morts. L’auteur détaille à chaque fois le contexte historique et souvent les luttes politiques qui ont conduit ces "Belges" des siècles passés à prendre la route. »
(Yannick Hallet, supplément Maxx dans La Capitale, 10 décembre 2016)

« À ce jour, il n’existait pas d’ouvrage de synthèse redressant la barre de la mémoire. C’est chose faite grâce à Alban van der Straten […] qui a dressé le portrait d’une quarantaine de ces explorateurs. […] Pour notre plus grand bonheur, peintures gravures, cartes et photos nous rapprochent encore plus d’eux. Voilà un ouvrage qui siérait d’être posé sous le sapin. Dans du papier cadeau à nos trois couleurs nationales. »
(Christian Laporte, La Libre Belgique, 5 décembre 2016)

Alban van der Straten était au micro de Laurent Dehossay dans « Un jour dans l’histoire » sur La Première.
(La Première, 25 novembre 2016)
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« Conçu comme une galerie de portraits, cet ouvrage richement illustré [...] présente également la Belgique sous un jour trop souvent occulté dans les livres d’histoire : un pays d’ouverture, qui a cherché à devenir l’égal des autres nations en allant à la conquête de nouvelles terres. »
(Sam Mas, Bruxelles Culture, 15 novembre 2016)

Questions à l’auteur

Comment est né ce projet ?

– Alban van der Straten : Il y a quelques années, j’ai réalisé sur commande plusieurs recueils de témoignages historiques liés à la Seconde Guerre mondiale. J’ai aimé ce travail d’enquêteur : survoler la littérature, interroger les spécialistes, écumer les centres d’archives, etc., pour ramener à la surface les témoignages les plus évocateurs... Présenter directement des témoignages a quelque chose de particulièrement vivant : quelqu’un parle, raconte ses aventures, c’est très brut, très concret. Et puis j’ai eu envie de faire quelque chose de différent, de moins guerrier d’abord, mais surtout quelque chose qui mette davantage en relief la personne qui parle, son contexte historique et social, ses éventuelles zones d’ombre... Or, à ce moment-là, je découvrais la voile. La relation avec les vents et les courants, le rythme des quarts, l’absence de côte à l’horizon... tout cela réveillait mes rêves d’enfant de grands trois-mâts et de terres inconnues. J’ai pensé aux explorateurs pour mon prochain projet. À mon grand étonnement, j’ai découvert qu’il n’existait pratiquement rien à propos des explorateurs belges. J’ai entamé mes recherches et... je suis tombé sur une mine d’or.

Des explorateurs « belges » au Moyen Âge, vraiment ?

– À strictement parler, c’est bien sûr un anachronisme de parler de « Belges » au Moyen Âge et ceci en fait jusqu’en 1830. Il faudrait évoquer non seulement les comtés, duchés et autres prince-évêchés de l’époque (ainsi que le royaume de France et le Saint Empire), mais aussi les Pays-Bas bourguignons, les Dix-Sept Provinces et plus tard les Pays-Bas espagnols et autrichiens... Toutefois, saucissonner l’histoire de cette façon n’est sans doute pas la manière la plus éclairante de l’aborder sur la longue durée. D’autant qu’il y a indéniablement un fil rouge qui relie toutes ces constructions politiques successives et que le cœur de ce territoire est resté le même à travers les siècles. La Belgique de 1830 est l’héritière de cette histoire. En ce sens, parler de « Belges » au Moyen Âge me semble justifié...
Ceci dit, c’est un terme qu’il faut bien sûr comprendre de manière ouverte, non-exclusive, et il y a de nombreux cas de double, voire de triple nationalité. Ainsi, Guillaume de Rubrouck, le missionnaire du XIIIe siècle qui s’est rendu à la cour du grand khan en Mongolie, est né dans un village qui se trouve aujourd’hui en France mais qui faisait alors partie du comté de Flandre. On peut dire qu’il est tout autant Français que Belge. Plus tard, les navigateurs anversois exilés à Amsterdam, sont quant à eux à la fois Belges et Néerlandais. Le tout est de considérer que l’identité peut être (et est toujours ?) multiple. Surtout chez des explorateurs qui sont par essence des nomades !

Si vous deviez nous raconter une seule anecdote ou histoire concernant un explorateur, laquelle serait-ce ?

– Difficile de choisir, mais j’aime beaucoup l’histoire de la concurrence entre Joris van Spilbergen et Jacob le Maire, qui naviguaient pour des compagnies rivales aux premières années de l’expansion maritime néerlandaise. Spilbergen a effectué une expédition pionnière aux Indes, sans rien découvrir de nouveau néanmoins. Quand le Maire a découvert le cap Horn en 1616, Spilbergen a d’abord refusé de le croire, sans doute par jalousie. Il a même contribué à son arrestation pour des raisons fallacieuses, et c’est à bord de son navire que le Maire est mort un peu plus tard. Mais à la fin de sa vie, quand un autre concurrent voulut disputer à le Maire la gloire d’avoir découvert le cap Horn, Spilbergen fit publier conjointement son propre journal de bord et celui de le Maire, pour défendre la mémoire de son vieux rival... Ce geste de fair-play juste avant de mourir a quelque chose de particulièrement touchant.

Extraits

« En continuant à longer la côte, nous sommes arrivés devant un chenal où passait un puissant courant. L’eau bourdonnait avec une force inouïe et submergeait pratiquement la proue du navire. Vers la nuit, le vent se fit contraire et la houle créa de grands creux. Nous étions entrés dans la mer du Sud et nous avions passé ce détroit jusqu’alors inconnu des hommes…  »

C’est ainsi que Jacob le Maire relate sa découverte du passage du cap Horn, il y a exactement 400 ans…