L’histoire

Le fondateur : Pierre Mardaga
Le nom de la société est indissociablement lié à celui de son fondateur, Pierre Mardaga. Ce « personnage » de l’édition francophone belge est né à Liège en 1937, il a étudié les arts graphiques à l’École Estienne (Paris) et fait ses classes dans deux grandes imprimeries parisiennes de l’époque : Larousse et Drager. Il perfectionne sa formation à l’Imprimerie Réunie de Lausanne où il travaille avec Albert Skyra, véritable inventeur du livre d’art contemporain après la Seconde Guerre mondiale.
En 1961, il est engagé comme directeur technique de l’imprimerie Soledi à Liège.

Éditeur et imprimeur
La société Soledi, située rue de la Province à Liège a, dans la grande tradition de l’édition en Belgique, une double activité d’imprimeur-éditeur ; elle publie de nombreux ouvrages de référence en matière culturelle (monographies consacrées à Chopin, Claudel, Georges Sand, Verlaine et Rimbaud en Belgique mais aussi Léon Bloy, L’amour libre de Losleverl, Carlo Bronne…).

Les ancêtres : René et Raymond Walthéry
Cette société a été fondée par René Walthéry dans les années 1930 ; il décède après la Seconde Guerre mondiale dans un accident de voiture et c’est alors son fils Raymond qui lui succède. Dans les années 1950, l’entreprise créera Le cercle des lecteurs, un club du livre (bien avant que le concept ne soit « réinventé » par le Readers Digest ou France/Belgique Loisirs !) qui propose chaque mois à ses affiliés un ouvrage numéroté dans une édition luxueuse de grands classiques (Maupassant, Gogol…) dont les droits ont été acquis auprès d’éditeurs français.

Modernisation de l’imprimerie et développement du catalogue
Pierre Mardaga rachètera l’entreprise en 1966 et procèdera à la modernisation de celle-ci : introduction de l’impression offset et passage de la composition au plomb à la photocomposition. Il rachète ensuite en 1971 la société Cogedi et les éditions Charles Dessart, véritable précurseur ayant acquis une réputation mondiale principalement en psychologie ; cette deuxième société est installée Galerie des Princes à Bruxelles.
Le catalogue de Pierre Mardaga se construit alors autour de ses principaux centres d’intérêt et de quelques grandes rencontres. C’est Le patrimoine monumental de la Belgique qui sera sa première grande aventure éditoriale. La rencontre avec l’architecte Charles Vandenhove et le professeur Beekaert (KUL) lui ouvrira les portes de l’architecture (1972 : parution de Système logique de l’architecture, de Christian Norberg-Schultz sous la direction de G. Bekaert, dans la collection Architecture + Recherches, « la rouge » pour les initiés !).
C’est avec Michel Meyer (ULB) que démarrera la collection Philosophie et Langage ; elle sera ensuite reprise par Sylvain Auroux (Université de Jussieu). Viendra ensuite la musique, sous l’impulsion de Robert Wangermée et, plus tard, de Malou Haine. En 40 ans, il publie près de 2000 titres et devient une véritable légende éditoriale dont le carnet d’adresses est sans doute un des plus prestigieux et des plus fournis de l’édition européenne ! En 1987, il installe une toute nouvelle imprimerie, toujours à Liège, rue Saint Vincent (à l’emplacement d’un ancien garage Renault) sur les plans de l’architecte Bruno Albert. À cette époque, les deux sociétés Soledi et Cogedi coexistent encore.

Intégration au groupe Masson et aux Presses de la Cité
Quelques années plus tard (1990), soucieux d’assurer à sa maison de réelles perspectives de développement, il avait décidé de céder 100% des parts de l’imprimerie et 75% des parts de l’édition au groupe français Masson. Masson est à son tour racheté par les Presses de la Cité et des divergences de vue apparaissent rapidement entre Pierre Mardaga et ses nouveaux « patrons ».

(Re)naissance des éditions Pierre Mardaga
En 1995, retour à la case Belgique : la société alors déjà rebaptisée par les actionnaires français SNEL (Société des nouvelles éditions liégeoises) sera rachetée par deux photograveurs liégeois, Roland Soubras et Flavio De Beni. Leur projet est toutefois lié au développement de l’imprimerie (aujourd’hui installée aux Hauts Sarts, en périphérie liégeoise) et ils conviennent avec Pierre Mardaga d’un licenciement. Celui emportera donc son fonds en guise d’indemnité de préavis et redeviendra ainsi éditeur indépendant ! En 2005, il commence toutefois à songer à sa succession et cherche un repreneur qui assure la continuité de son projet éditorial et son ancrage en Belgique francophone.

Rachat par la famille Lhoist
En novembre 2005, Pierre Mardaga cède donc la totalité des parts de sa société à Léon-Albert et sa sœur Charlotte Lhoist.
En janvier 2006, Pierre Mardaga décède inopinément à l’âge de 69 ans.

Un projet pour le XXIe siècle
Sous la houlette de son administrateur délégué, André Querton, l’actionnariat de la société entend rester un acteur de référence du secteur et fédérer des initiatives qui permettront à l’édition indépendante de se maintenir en Belgique francophone.