Impertinente ostéopathie !

  • juin 2016
  • 14X21
  • Broché
  • 160 pages
  • ISBN : 9782804703271
  • 18.00 €
  • ISBN version numérique : 9782804703417
  • 12.99 €

Ce livre décrit l’ostéopathie moderne, la compare à celle des origines et propose une réflexion sur la reconnaissance scientifique à laquelle cette discipline aspire.

La pratique de l’ostéopathie repose aujourd’hui sur des hypothèses biomécaniques ou neurophysiologiques susceptibles d’être vérifiées scientifiquement. Et pourtant, si une partie des praticiens s’inscrit dans une démarche scientifique, une autre partie continue à suivre la théorie fondatrice, telle qu’elle a été imaginée au XIXe siècle.

Après avoir analysé l’histoire de la discipline, l’auteur « ouvre la trousse » de l’ostéopathe et décrit les différentes techniques thérapeutiques dont il dispose, celles qui « craquent » et les autres, ainsi que le raisonnement qui sous-tend chaque intervention.

Tout au long de l’ouvrage, il souligne que pour être reconnue comme une discipline rigoureuse et respectable, l’ostéopathie doit se soumettre à une véritable critique scientifique.

On en parle

« [Cet ouvrage] aide les autres professionnels de la santé à mieux comprendre le rôle de l’ostéopathe. » (Daily Science, 7 septembre 2016)
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Ce livre est présenté sur le Site de l’Ostéopathie, le 4 juillet 2016.
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Cet ouvrage est recommandé sur le site de l’Université libre de Bruxelles.
(Université libre de Bruxelles, 4 juillet 2016)

« Question Clés » sur La Première (RTBF) a reçu Yves Lepers dans son émission du 29 juin 2016.
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Cet ouvrage a été présenté dans la rubrique « À lire » du site OstéoMag.fr le 13 juin 2016.
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Questions à l’auteur

Où situez-vous l’ostéopathie dans le paysage de la santé ? Médecine alternative, médecine parallèle, médecine douce, autre ?

Yves Lepers : Aucune des trois propositions ne m’agréent. Une médecine alternative suppose une vision nouvelle, originale de la santé, un nouveau paradigme. Ce concept de médecine alternative s’accompagne souvent d’un certain triomphalisme. Les médecines dites alternatives, se fondent la plupart du temps sur des croyances fortement éloignées des fondements scientifiques de la médecine dite académique. Les médecines parallèles, quant à elles, et par définition, ne rencontrent jamais les autres conceptions de l’art de guérir. C’est une forme de relativisme. Toutes les approches se valent pour autant qu’elles conviennent au patient. Moins radicales dans leurs prétentions que les médecines alternatives, elles peuvent mener à une forme de syncrétisme. Quant aux « médecines douces », inspirées des mouvements écologistes, elles prétendent éviter l’agressivité qui, selon leurs partisans, caractérisent la médecine conventionnelle.

Vous pensez donc que l’ostéopathie appartient à une autre catégorie ?

Yves Lepers : Oublions la « médecine douce » car s’il n’y a rien d’agressif à se faire manipuler par un ostéopathe compétent, il n’y a rien de doux non plus. Je voudrais simplement faire comprendre que l’ostéopathie a une histoire, tout comme la médecine. Les liens étroits entretenus avec les croyances, les religions et un empirisme certain ne discréditent pas la médecine d’aujourd’hui. L’institution médicale, tout en restant critique,ne renie pas pour autant son propre récit. Pour moi l’ostéopathie est l’héritière d’une branche historique et sous-estimée de la pratique médicale, la médecine manuelle. Son fondateur, Andrew Taylor Still, a eu le mérite de remettre ce domaine de la thérapeutique à l’honneur. Il l’a fait avec les habitudes du XIXè siècle, en proposant un cadre théorique métaphysique à cette pratique. Aujourd’hui, l’ostéopathie a elle aussi progressé. Grâce à sa pratique qui demeure observable, mesurable et falsifiable par la science. Cela présuppose évidemment l’abandon des discours d’un autre âge.

Alors, finalement, l’ostéopathie est-elle efficace ?

Yves Lepers : La médecine est-elle efficace ? Parfois oui, parfois non. C’est pourquoi la recherche clinique et fondamentale existent, pour évaluer cette efficacité. Cette question serait pertinente si l’ostéopathie n’était qu’une technique ou un ensemble de techniques. Je vous l’ai dit, elle fait partie de « l’art de guérir ». C’est la troisième voie : Le médicament, la chirurgie et la médecine manuelle. Il y a derrière la prescription médicamenteuse une physiopathologie qui en justifie l’usage. Il y a derrière tout acte chirurgical une anatomo-pathologie. De même derrière la pratique de la médecine manuelle il y a une réflexion physio et anatomo pathologique qui lui est propre, spécifique. Toutefois cette réflexion est en accord avec les sciences biomédicales telles qu’elles sont enseignées à l’ensemble des prestataires de santé.

Et la réalité des coûts dans tout ça ? À quand le remboursement des consultations ostéo… ?

Yves Lepers : Depuis 1999 les assurances complémentaires des mutualités belges remboursent 5 ou 6 séances par an, à raison d’une dizaine d’euros par séances. Il n’y a donc, tout comme en France, aucune prise en charge par la sécurité sociale. Celle-ci ne pourrait intervenir qu’en cas de reconnaissance de l’ostéopathie comme profession de santé par le ministère compétent. On comprend mieux les hésitations des états à statuer sur cette reconnaissance ! Aujourd’hui les ostéopathes sont bien entendu taxés comme tout le monde et en plus ils sont une source d’économie considérable pour l’état. Pourquoi changer "une équipe qui gagne » ?

Bonus

Références aux études scientifiques de l’ouvrage

1. Page 53 (note 8)

2. Page 56 (note 11)

3. Page 59 (note 14)

4. Page 60 (note 15)

5. Page 63 (note 17)

6. Page 89 (note 26)

7. Page 89 (note 27)

8. Page 129 (note 40)

9. Page 144 (note 47)